LES  THEORIES  DU  COMPLOT


 

A travers l'histoire, des  groupes plus ou moins secrets ont été accusés de vouloir dominer secrètement le monde, comme les Illuminati de Bavière, le Groupe de Bilderberg ou la Commission Trilatérale.
 

Dessin conspirationiste antisémite et antimaçonnique du début du XXe siècle,
montrant la France catholique “conduite” par les Juifs et la francs-maçons.

(Achille Lemot pour Le Pèlerin, n° du 31 août 1902).
 
Les historiens s'accordent à considérer que la première théorie du complot proprement dite fut celle, répandue à la fin du XVIIIe siècle, portant sur la Révolution française.

Pour Frédéric Charpier, ce sont les Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme, écrites en 1798 par Augustin Barruel, qui constituent l'acte de naissance de la « première théorie du complot de l'histoire britannique» : la Révolution française serait le fruit d'une conspiration antichrétienne. Bien que Barruel n'était pas l'inventeur de la théorie qu'il véhicule (laquelle avait été publiquement soutenue en 1797 par un autre Britannique, John Robinson), Charpier voit en elle le prototype contenant l'essentiel des ingrédients des futurs récits conspirationnistes : une «idéologie réactionnaire», une «subjectivité camouflée dans une fausse objectivité », un « langage haineux»

Les théories du complot du XIXe siècle prennent comme responsables récurrents la franc-maçonnerie, les Illuminati ou les Jésuites. A la charnière du XXe siècle, ils sont remplacés par les juifs, avec le célèbre exemple des Protocoles des Sages de Sion, faux documents mis au service de l'antisémitisme russe pour justifier et encourager les pogroms et utilisés par la suite par les antisémites européens (dont Adolf Hitler, qui s'y réfère explicitement dans Mein Kampf).
 
Au XXe siècle, les théories du complot deviennent un élément important de la culture anglo-saxonne. L'assassinat de John F. Kennedy en 1963, reconnu comme le fruit d'une conspiration par le Comité HSCA en 1979, a suscité un grand nombre d'élucubrations. De même, les attentats du 11 septembre 2001 ont généré un flot de contestation conspirationniste contre le gouvernement des Etats-Unis.

A l'aube du XXIe siècle, le filon du conspirationnisme est exploité dans de grands succès populaires comme X-files ou Da Vinci Code. Certains sociologues considèrent, en outre, la généralisation de l'explication par le complot comme un aspect clé de la mentalité postmoderne.

 


 


 
 

 Comment naissent les théories du complot ?

Barack Obama est un (rayez les mentions inutiles) communiste / assassin / extraterrestre. Les tours du Wall Trade Center n’ont pas été visées par un attentat le 11 septembre. Le vaccin contre la polio a été conçu pour provoquer la stérilité. Mohammed Merah était manipulé par des services sercret. Rares sont les évènements qui ne donnent pas lieu à une, dix, cent théories du complot ; plus l’évènement est important, plus les chances qu’il donne lieu à des théories du complot augmentent. La fusillade à l’école de Newtown aux Etats-Unis, qui a provoqué une vaste émotion à l’échelle planétaire, a très rapidement vu se multiplier des thèses évoquant un vaste complot qui pourrait expliquer pourquoi un adolescent a subitement décidé de tuer des enfants... [la suite en cliquant sur le titre]
 
 

Pourquoi les théories du complot ont autant de succès ?

Comment les théories du complot qui ont traversé l’Histoire sont-elles devenues si populaires ? Les chercheurs se sont penchés sur le succès des thèses conspirationnistes, de la Révolution française au 11 Septembre, en passant par « Le Protocole des sages de Sion » et l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy.

 

1- Elles donnent du sens à ce qui n’a été ni voulu, ni prévu

« Un complot peut se définir minimalement comme un récit explicatif permettant à ceux qui y croient de donner un sens à tout ce qui arrive, en particulier à ce qui n’a été ni voulu ni prévu », écrit Pierre-André Taguieff, historien des idées et politologue.

C’est la volonté de comprendre un événement qui paraît inexplicable. Les textes conspirationnistes jugés fondateurs remontent à la Révolution française. Ils ont pris forme dans les milieux monarchistes et catholiques qui refusaient ce changement de régime politique. Et ils se développent lors de grands événements historiques, souvent traumatisants, comme la Première Guerre mondiale ou les attentats du 11 Septembre.

« Les thèses semblent mieux fonctionner en période de crise. Ainsi, la fin du XIXe siècle ou les années 1930 ont été des périodes favorables à la naissance de ces textes », remarque Emmanuel Kreis, historien des courants ésotériques modernes et contemporains.

 

2- Elles apportent des réponses simples

Les auteurs des thèses alternatives opposent les incohérences et failles de la version officielle, à la transparence et à la simplicité de leur raisonnement.

« Tout a été prévu, médité, combiné », écrit l’abbé Barruel dans ses « Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme » de 1797, où il accuse les francs-maçons et des sociétés secrètes d’être à l’origine de la Révolution française. Il s’attache dans ce cas à un événement historique précis. Mais en même temps, il fournit une explication plus globale d’une conspiration contre l’Eglise.

De même, « Les Protocoles des sages de Sion », l’un des plus fameux textes conspirationnistes, diffusé en 1901, prouverait l’existence d’un complot mondial ourdi par les juifs. Une enquête a prouvé depuis longtemps qu’il s’agissait d’un faux réalisé par la police secrète tsariste. Mais les protocoles ont, hélas, du mal à disparaître du paysage planétaire.

 

3- Elles mettent en avant notre capacité à douter

« Les théoriciens du complot ne cherchent pas vraiment à démontrer ce qui est vrai, mais à prouver que l’autre camp ment », affirme Guillaume Brossard, co-fondateur de HoaxBuster.com, site francophone qui décrypte les rumeurs sur Internet.

Les conspirationnistes partent du postulat que « derrière les apparences, il y a une autre réalité », explique l’historien Emmanuel Kreis. Douter est un réflexe positif. Être sceptique ne signifie pas forcément être conspirationniste, un terme porteur d’un jugement négatif.

 

4- Elles prouvent que les puissants mentent et manipulent

Au XIXe siècle, ce sont les puissances souterraines, les sociétés secrètes qui sont accusées de fomenter des complots. Les jésuites, les francs-maçons et les juifs constituent les trois cibles favorites. Jusqu’en 1950, la majorité des théoriciens viennent de l’extrême droite.

Mais la mondialisation et la dureté croissante du capitalisme poussent l’extrême gauche à formuler à son tour des théories du complot. De nouvelles cibles apparaissent au XXe siècle dans les thèses : les élites économiques et politiques.

L’attentat contre le président américain Kennedy en 1963 marque le développement des théories de conspiration venant de l’Etat, auxquelles sont souvent mêlés les politiques et les médias. Céline Marcon.

 

 

 



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